Rapporté par Bruno Ollivier (1992), l'exemple suivant, portant sur le début d'un cours de musique donné à des élèves de première secondaire, atteste l'importance d'une bonne gestion de la prise de parole :

" L'enseignant n'arrive pas à prendre la parole. Dès le début du cours, des élèves la monopolisent bien qu'il ne la leur ait pas donnée. Ils lui font tous part de leurs oublis respectifs de cahiers et de matériels divers pour le cours. A cette prise de pouvoir sur le temps du cours, qui s'effectue par l'exercice d'un monopole de la parole par les élèves, correspond une prise de pouvoir sur l'espace, car le professeur se trouve comme assiégé à son bureau par les élèves qui l'entourent et empêchent ses déplacements. "

Cet enseignant ne parvient pas à imposer un cadre aux échanges, à définir le tour de parole et à souligner le statut différent de sa parole par rapport à celle des élèves. Il se voit donc réduit au silence par la parole que se sont arrogée les élèves à ses dépens.

Dans un tel environnement où les élèves n'attendent pas nécessairement l'autorisation de l'enseignant pour prendre la parole, le professeur doit donc recourir à des moyens adaptés pour gérer les différentes prises de parole qui interviennent au cours de la classe.