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Conditions de réalisation de l'exercice :
Un espace vide dont on
aura pris soin d'indiquer le centre à la craie ou au moyen d'un ruban
adhésif de couleur. Les observateurs qu'on appelle aussi les partenaires-lecteurs
seront placés sur le bord d'un des côtés de cet espace
pour signaler la part active qu'ils prendront lors du processus de découverte
du travail des faces.
Consignes :
Chacun doit traverser l'espace, s'arrêter au
centre et décliner son identité, puis se diriger vers l'autre coin de
l'espace à l'autre bout de la pièce. Pour le premier passage du premier
volontaire, la consigne parait floue dans son apparente simplicité et
ne manque pas de déstabiliser l'un ou l'autre. Certains s'arrêteront pour
demander " si ça va ", " c'est bien comme ça qu'il faut faire ". D'autres
refuseront d'aller jusqu'au centre, prenant conscience de la force contraignante
de l'œil du spectateur. D'autres encore réaliseront cet exercice à une
vitesse qui ne permet pas à l'œil de fixer une information corporelle.
Pour la démonstration de l'exercice, il vaut mieux conserver à la consigne
la simplicité objective d'un déplacement. La marche vers le centre est
un objectif en soi que chacun s'appliquera à réaliser en dehors de toute
préoccupation de présence.
Conseils pour la conduite de l'exercice :
Dès le deuxième ou troisième passage, l'attention à la
consigne est reléguée au second plan. Le déplacement vers le centre apparait
dans toute son objectivité de mouvement.
Alors que chacun se concentre sur la gestion de l'espace vide et des peurs
qu'il occasionne, on oublie qu'il s'agit de marcher simplement.
Dans cet oubli, il y a sans doute l'impression (fausse) que la marche
ne suffit pas, qu'être au monde implique de faire quelque chose.
L'animateur aura dès lors les coudées franches pour construire avec les
observateurs les attitudes, les gestes, les points d'appui, les vitesses
de la marche, les paramètres de la voix, etc. qui contribuent à installer
une sécurité dans la relation.
Tous ces éléments constituent la réelle présence d'une communication.
Mais plane souvent l'ambigüité d'une surface formelle, superficielle et
creuse.
La présence (assimilée à cette notion floue de " charisme ") se travaille
à la surface de l'être dans la conscience d'un rôle à tenir. Mais la qualité
d'un communicateur ne se mesure pas à l'aune du modèle vers lequel il
faut tendre par l'entrainement. Ainsi, dans certaines de ses dimensions,
la communication ne s'imite pas.
Les exercices et les situations qu'elle crée sont autant d'occasions pour
les participants de se constituer un réservoir d'attitudes et de comportements
dont les effets seront expérimentés " en laboratoire ", pourrait-on dire.
Chacun élaborera au fil de la séance une compétence qui profilera sa performance
propre.
La justesse d'une face (voir la fiche intitulée : " Gérer la courtoisie
") est affaire de poids et de mesure, mais ce poids et cette mesure se
calculent sur l'étalon des potentialités corporelles et verbales de chacun.
Les réactions des participants sont de deux ordres.
Lors des premiers passages, chacun se bat avec les consignes et négocie
sa face sur des questions de détails.
Faut-il dire " bonjour " ou décliner son identité uniquement ?
Peut-on ajouter quelque chose au bout de la formule ?
Faut-il vraiment dire quelque chose ?
Cela témoigne de cette habitude bien naturelle dans nos sociétés occidentales
de s'emparer de la consigne pour en faire une fin en soi.
L'animateur mettra à profit ces interventions pour expliquer la différence
entre l'attention à bien faire l'exercice et l'attention à explorer par
l'exercice une performance.
Un trop grand respect de la consigne établit une fois pour toutes et de
manière définitive la performance du bon communicateur au détriment d'une
démarche exploratoire, personnelle, de ses limites.
Lorsque la face est mise en danger, la tentation est grande en effet de
chercher dans la consigne une réponse toute faite à la difficulté.
Cela se marque surtout dans le rapport au centre.
Pour " bien faire " et réaliser la consigne, chacun aura recours à des
stratagèmes : regard sur la marque de couleur pour vérifier l'emplacement,
regard vers l'animateur pour confirmer le bon déroulement du jeu.
Dans cette première phase, peu dépassent cette intention de construire
une image conforme à l'œil de l'autre.
Sans cesse, l'animateur rappellera l'enjeu d'une démarche exploratoire
qui invite à essayer une sollicitation.
Le deuxième type de réactions que l'animateur aura à gérer survient dès
que l'observateur commence à maitriser les paramètres de la communication
efficace.
Très vite, l'œil aiguisé découvre les gestes barrières (bras croisés sur
la poitrine, main devant la bouche, mains croisées sur le ventre ou serrées
dans le dos), les gestes d'autocontact (contact des doigts sur le visage,
main passée dans les cheveux pour remettre en place une mèche rebelle
imaginaire), les attitudes de défense (poitrine en avant, mains serrées
le long du corps, menton exagérément relevé) ou de repli (épaules rentrées,
tête basse, regard fuyant ou de biais), etc. L'observateur attentif pointera
de plus en plus finement des éléments qui interfèrent avec le déplacement.
Il constatera que de nombreuses données non verbales viennent s'ajouter
à l'information verbale. Non pas pour confirmer le mot, mais pour le nourrir
d'une force de conviction (du moins qui se voudrait telle) qui légitime
la prise de parole.
Et parfois, cette intention de convaincre est contrariée dès qu'elle s'exhibe.
L'intérêt n'est évidemment pas de construire dans les remarques des partenaires-lecteurs
une image qui gommerait d'un coup toutes ces marques de stress.
Le " super communicateur " n'est pas celui qui n'a pas le trac, mais plutôt
celui qui, s'appuyant sur la situation et jouant avec les imprévus, s'en
fait un allié.
Certains remarqueront les effets agaçants d'une trop grande attention
à l'image à construire.
Le zèle verse vite dans la caricature. A l'inverse, une gesticulation
exagérée et un verbiage excessif affaiblissent la prise de parole. Pour
en savoir plus
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