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Au moment de présenter
la préparation de sa leçon d'explication de texte, Didier
avait les idées claires. Le texte avait été choisi
avec soin : il collait bien avec la méthode de lecture qu'il avait
l'intention d'expérimenter. Son projet s'appuyait sur un contenu
disciplinaire solide et une expérience de la scène qu'il
convoquerait lorsqu'il serait en classe. Mais au moment d'expliciter son
intention en termes de scénario de cours, Didier s'embrouilla sur
la procédure. Il hésitait : fallait-il faire lire le texte
par les élèves ou le lire lui-même ? Fallait-il présenter
le texte avant de lancer l'analyse ? Il ne savait pas encore comment il
organiserait celle-ci. Il voyait bien où il allait, disait-il.
Mais, pour les détails du déroulement de la leçon,
il verrait dans le feu de l'action ce qu'il faudrait faire, les mots qu'il
dirait pour organiser le travail sur le texte.
De l'intention de l'enseignant à l'évaluation
des compétences de l'élève, les étapes sont
nombreuses et parsemées d'équivoques. Le problème
est plus aigu encore pour l'enseignant stagiaire qui ne voit dans l'explicitation
d'une consigne au moment de la planification qu'une ascèse inutile.
Hors de la prise de parole en classe, le stagiaire ne voit pas toujours
les implications de la formulation d'une consigne. Or ce sont bien les
termes de la consigne qui distribuent les rôles et structurent la
suite des échanges. C'est à ce moment que l'élève,
sur la base de ce qu'il aura entendu, construit les règles qui
organiseront son travail, sa concentration, ses prises de parole.
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