Hymnes à Sésostris III (pKahun LV.1)
Hymne a
L'Horus «aux-manifestations-divines», Celui-des-Deux-Maîtresses
«de-naissance-divine», l'Horus-d'or «qui-vient-à-l'existence»,
le Roi de Haute et de Basse-Egypte Khakaoura, le Fils de Ré Sésostris,
il saisit triomphalement les Deux Terres.
Salut à toi, Khakaoura, (qui es) notre Horus-aux-manifestations-divines,
le protecteur du pays,
qui élargit son territoire et écarte les (habitants des) pays
étrangers grâce à sa couronne,
qui unit les Deux Terres par l'action de ses bras et [
] les pays étrangers
par (l'action de) ses épaules,
qui massacre les archers sans (même) utiliser le bâton et lance
la flèche sans (même) tendre la corde (de l'arc);
lui dont la terreur a frappé les Iounou dans leur pays, dont la crainte
a massacré les Neuf Arcs, dont la violence a fait mourir des milliers
d'archers [
] qui attaquaient sa frontière;
lui qui tire une flèche comme fait Sekhmet, quand il abat par milliers
ceux qui ignorent sa puissance, la langue de sa Majesté contraignant
Séty et ses propos faisant fuir les Sététyou;
lui qui est le seul (à être) un Horus vigoureux qui lutte pour
sa frontière, épargnant à ses serviteurs d'être fatigués
et laissant les notables se reposer jusqu'à l'aube, ses troupes s'occupant
de leur tranquillité et son coeur étant leur protecteur;
lui dont les stèles ont établi les frontières et dont les
paroles ont rassemblé les Deux Rives.
Hymne b
Comme les dieux sont joyeux, après que tu as établi leurs pains
d'offrande.
Comme tes [
] sont joyeux, après que tu as établi leur frontière.
Comme tes pères et ancêtres sont joyeux, après que tu as
augmenté leurs parts.
Comme les gens de Kémet sont joyeux de ta vigueur, après que tu
as protégé ce qui existait autrefois.
Comme les gens-pat sont joyeux de tes projets, après que ta puissance
a saisi les [
].
Comme les Deux Rives sont joyeuses de la terreur que tu suscites, après
que tu as élargi leurs biens.
Comme les troupes de ta garnison sont joyeuses, après que tu as fait
qu'elles soient fermes.
Comme tes bienheureux se réjouissent, après que tu as fait qu'ils
soient jeunes.
Comme les Deux Terres sont joyeuses de ta force, après que tu as protégé
leurs murs.
Ce qu'il (= le lecteur) ajoute: «toi qui es l'Horus-qui-élargit-sa-frontière,
puisses-tu répéter l'éternité!»
Hymne c
Comme il est grand, le maître pour sa ville:
c'est Ra; ce (ne) sont (que) des petits, un milliers d'autres hommes;
c'est une digue qui retient le fleuve contre ses débordements d'eau;
c'est un endroit frais qui permet que tout homme se repose jusqu'à l'aube;
c'est un rempart consistant en murs de cuivre de Chésem;
c'est un abri dont le loquet ne fait pas défaut;
c'est un refuge qui sauvegarde le craintif de son ennemi;
c'est l'ombre d'Akhet, fraîche pendant Chémou;
c'est un angle chaud, sec à l'époque de Péret;
c'est une colline qui coupe le vent de tempête au moment où le
ciel se déchaîne;
c'est Sekhmet contre les ennemis qui marchent à sa frontière.
Hymne d
Il est venu à nous, il a saisi la Haute-Egypte et les deux puissantes
ont été unies sur sa tête.
Il est venu, il a unifié les Deux Terres et associé le jonc et
l'abeille.
Il est venu, il a gouverné Kémet et a placé Déchéret
sous son contrôle.
Il est venu, il a protégé les Deux Terres et a rendu paisibles
les Deux Rives.
Il est venu, il a fait vivre (les gens de) Kémet et a écarté
leurs besoins.
Il est venu, il a fait vivre les gens-pât, il a fait respirer la gorge
des rékhyt.
Il est venu, il a piétiné les pays étrangers, il a frappé
les Iounou qui ignoraient sa crainte.
Il est venu, il a permis que nous élevions nos enfants et enterrions
nos vieillards.