Sinouhé

Cl. Obsomer, Sinouhé l'Egyptien et les raisons de son exil, dans Le Muséon, 112, 1999, p. 207-271.

    Introduction, p. 207 [extrait]
1. Résumé et passages significatifs, p. 210 [extrait]
2. Genre littéraire et historicité, p. 216 [extrait]
3. Les motifs de la fuite de Sinouhé: status quaestionis, p. 220
4. La raison de la fuite de Sinouhé: proposition nouvelle, p. 237
5. Analyse des autres passages significatifs, p. 245
6. En quête du sens de l'oeuvre, p. 262


1. Résumé et passages significatifs

L'œuvre mentionne pour commencer les titres que Sinouhé portait à la fin de sa vie, après son retour d'exil [23]: (R 1-2) Le noble prince, l'administrateur des districts du souverain dans les terres des Sétjétyou, le loyal courtisan du roi, celui qu'il aimait, le chemsou [24] Sinouhé. Suit le verbe «il dit», qui introduit le long récit autobiographique qui s'achèvera, juste avant le colophon (B 311), avec l'évocation par le héros de sa propre mort.

a. Les circonstances de la fuite de Sinouhé
Dans son autobiographie, Sinouhé commence par indiquer quelle était sa fonction au début de l'histoire qu'il entreprend de raconter: (R 2-5) J'étais un chemsou qui accompagnait son maître, un serviteur du harem royal, de la noble dame digne de grands éloges, l'épouse royale de Sésostris dans Khénémet-Sout, la fille royale d'Amenemhat dans Qa-Néférou, Néférou [25], détentrice du privilège.

La date qu'il nous donne en R 5 - l'An 30, 3e mois d'Akhet, 7e jour - est selon toute vraisemblance la date du décès d'Amenemhat Ier, mentionné en R 6-8 dans les termes suivants: Le dieu pénétra [26] dans son horizon. Le Roi de Haute et de Basse-Égypte Séhétepibra (Amenemhat Ier) fut élevé au ciel, étant enveloppé dans l'astre solaire, la chair du dieu se fondant en celui qui l'engendra. Sinouhé décrit ensuite le deuil qui s'empare de la Résidence (R 8-11), la capitale Itj-Taouy fondée par Amenemhat à quelque distance au sud de l'antique Memphis, tandis que le fils aîné du roi, Sésostris, s'en revenait d'une expédition au désert occidental (R 11-16). Averti par l'entourage du roi défunt, Sésostris retourne précipitamment à la Résidence (R 17-22): Les compagnons du palais envoyèrent (un message) du côté occidental pour faire connaître au fils royal les événements survenus dans les appartements royaux (du palais). Les émissaires l'ont trouvé sur le chemin, ils l'ont atteint au moment de la nuit. Il n'attendit pas un seul instant: le faucon s'envola avec ses Smsw sans faire sa voir cela à son armée.

C'est alors qu'est mentionnée la conversation qui provoque le trouble chez Sinouhé (R 23-31): Pendant ce temps, on envoya chercher [27] les enfants royaux qui étaient à sa suite dans cette armée. Un appel fut adressé à l'un d'eux tandis que je me trouvais là, et j'ai entendu sa voix pendant qu'il parlait. (Iw.i m 'rw w3) [28]. Mon cœur fut bouleversé, mes bras m'en tombèrent, un tremblement s'abattant sur chacun de mes membres. Je me suis retiré discrètement pour me chercher une cachette. Je me suis placé entre deux buissons pour éviter (?) la route et quiconque l'emprunterait (?). J'ai fait route vers le Sud. Je n'ai (plus) songé à me rendre à cette Résidence, après avoir pensé que des luttes surviendraient et m'être dit [29] que je pourrais ne plus être vivant après cela [30].

Sinouhé décrit l'itinéraire qu'il suit pour atteindre la frontière nord-est de l'Égypte. Là se dressent les «Murs-du-Souverain», (forteresse) construite pour refouler les Sétjétyou et pour écraser ceux qui traversent les sables. Je me suis accroupi dans un buisson, de peur que la sentinelle qui était de faction sur le mur durant le jour ne (me) voie. Je me suis déplacé au moment de la nuit (R 42-45). Sinouhé traverse alors une région désertique, où la soif l'assaille, mais il est recueilli par des Sétjétyou. Passant d'un pays asiatique à l'autre, il rencontre finalement Amounenchi, le prince du Rétjénou Supérieur, qui lui propose de l'emmener en son pays. «Tu seras bien avec moi, (car) tu entendras la langue de Kémet». Il a dit cela, après avoir appris (quelle était) ma na ture et entendu dire que j'étais avisé. Les gens de Kémet qui se trouvaient avec lui avaient témoigné à mon propos (R 55-58).

b. Sinouhé et le prince du Rétjénou Supérieur Amounenchi
Un dialogue s'engage entre Sinouhé et son hôte. À Amounenchi qui lui demande s'il s'est passé à la Résidence une chose qui justifie sa présence en Asie, Sinouhé répond (R 60-66): «C'est Séhétepibra qui s'est avancé vers l'horizon. On ne savait pas ce qui pouvait arriver à cause de cela». Mais j'ai ajouté de façon mensongère [31]: «Je revenais de l'expédition [32] du pays des Tjéméhou, quand (cela) me fut rapporté, à moi dont le cœur défaillait [33]. Il m'a emmené sur le chemin des plateaux désertiques [34]. On ne m'avait pas dénigré et on ne m'avait pas craché au visage [35]. Je n'avais pas entendu de reproche et mon nom n'avait pas été entendu dans la bouche du héraut [36]. J'ignore (ce?) qui m'a amené en ce pays [37]. C'était comme une décision du dieu [38], comme quand un habitant du Delta se voit en Éléphantine, un homme des marais en Ta-Séty». Interrogé sur l'avenir de l'Égypte, Sinouhé répond (R 70-71): «En vérité, son fils est entré au palais, et il a saisi l'héritage de son père». Il entame alors un long éloge du nouveau roi d'Égypte, vantant surtout ses qualités guerrières, éloge qui s'achève sur des recommandations de Sinouhé à Amounenchi (R 98-101 = B 73-75): «Envoie-lui (un message), fais en sorte qu'il connaisse ton nom, ne profère pas de propos séditieux contre sa Majesté [39]. [… tout…], il fera pour toi ce que son père avait l'habitude de faire [40]. Il ne cessera de faire du bien au pays qui sera loyal envers lui».

Marié à la fille aînée d'Amounenchi, Sinouhé reçoit une terre fertile, Iaa, puis il devient un prince d'une tribu du Rétjénou Supérieur. Les années passent, ses fils grandissent et dominent chacun leur propre tribu. Sinouhé entretient des contacts avec l'Égypte (B 94-95): L'émis saire qui voyageait vers le nord et retournait vers le sud à la Résidence, il s'arrêtait chez moi. Devenu un chef de guerre respecté, Sinouhé doit un jour relever le défi lancé par un guerrier du Rétjénou, jaloux de sa position. Ayant terrassé son rival, Sinouhé s'empare de ses biens et devient un homme opulent, mais il nourrit désormais l'espoir de rentrer en Égypte (B 147-167). Le dieu a donc agi de façon à se montrer bienveillant envers celui contre qui il s'était fâché et qu'il avait détourné vers un autre pays. Aujourd'hui son cœur est apaisé. Un fugitif s'est enfui à cause de son entourage: on témoigne à mon propos à la Résidence. (…) et l'on me mentionne au palais. «O dieu, quel que tu sois, qui as décidé cette fuite, puisses-tu être bienveillant et me ra mener à la Résidence. Tu accorderas certainement que je (re)voie le lieu où mon cœur séjourne. Qu'y a-t-il de plus important que d'être enterré dans le pays où je suis né?». Aujourd'hui se produit un événement où le dieu m'est favorable [41]. Puisse-t-il agir en conséquence pour accorder une fin excellente à celui qu'il avait affligé. (…) Puisse le roi de Kémet m'être bienveillant. Puissé-je vivre grâce à ses faveurs, saluer la maîtresse du pays qui est en son palais, et entendre des messages de ses enfants (…).

c. Le message royal et la réponse de Sinouhé
Informé du désir de Sinouhé de rentrer en Égypte, Sésostris Ier lui fait parvenir, outre les messages des enfants royaux, des cadeaux diplomatiques tels qu'en reçoivent d'ordinaire les princes étrangers fidèles à l'Égypte, ainsi qu'un message royal répondant point par point aux souhaits exprimés par notre héros. Cet «ordre royal», dont Sinouhé nous donne copie en B 178-199, s'ouvre sur des paroles apaisantes quant aux événements passés (B 181-185): «C'est sur le conseil de ton cœur que tu as parcouru les pays étrangers, montant de Qédem au Rétjénou, tandis qu'un pays te donnait à un autre. Qu'avais-tu fait au point que l'on intentât une action contre toi? Tu n'avais pas proféré de malédiction en sorte que l'on réprouvât tes paroles! Tu n'avais pas parlé au Conseil des magistrats en sorte que l'on contredît tes déclarations! Cette décision, qui a emporté ton cœur, elle n'était pas dans mon cœur contre toi». Le roi poursuit en évoquant la famille royale et le retour de Sinouhé (B 185-189): «Ton ciel, Celle-qui-est-dans-le-palais, elle est aujourd'hui bien installée et prospère. Sa tête est couverte (des ornements) de la royauté du pays, tandis que ses enfants sont dans les appartements royaux (du palais). Puisses-tu accumuler les richeses qu'ils te donneront et vivre de leurs présents, après avoir effectué le retour en Kémet. Puisses-tu (re)voir la Résidence où tu as grandi, baiser le sol à la grande double porte, et te joindre aux compagnons». Il conclut en lui promettant un enterrement de qualité en Égypte.

La joie de Sinouhé est d'autant plus grande qu'il ne s'attendait pas à recevoir du roi un tel message. Il rédige un accusé de réception de l'ordre royal, dont une copie figure en B 205-238. En voici trois extraits: (B 205-206) «En paix. C'est une très bonne chose que cette fuite qu'a faite dans son ignorance le serviteur que je suis (b3k-im [42]) soit connue de ton ka, ô dieu parfait maître des Deux Terres. (…) (B 214-217) Celui qui possède le discernement et qui connaît les rékhyt comprend, dans la Majesté du palais, que le serviteur que je suis avait peur de parler de cela. C'était comme une chose (trop) importante que de répéter/rapporter cela, le Grand Dieu image de Ra rendant sage celui qui œuvrait pour sa personne. Le serviteur que je suis est dans la main de quel qu'un qui a fait une enquête le concernant. Que je sois donc soumis à ta décision. (…) (B 223-230) Cette fuite que le serviteur que je suis a faite n'avait pas été préméditée: elle n'était pas dans mon cœur, je ne l'avais pas préparée. Je ne sais pas (ce) qui m'écartait de ma place. C'était comme une forme de rêve, comme quand un habitant du Delta se voit en Éléphantine, un homme des marais en Ta-Séty. Je n'avais pas eu peur, on ne m'avait pas poursuivi, je n'avais pas entendu de reproche [43] et mon nom n'avait pas été entendu dans la bouche du héraut. C'est plutôt un frémissement qui a attisé mes membres, si bien que mes pieds filèrent à toute allure, que mon cœur me domina et que le dieu qui décida cette fuite m'entraîna».

d. Le retour en Égypte et la réception au palais
Sinouhé quitte le Rétjénou après avoir transmis ses biens à ses enfants [44], et confié à son fils aîné la charge de sa tribu. J'ai fait halte aux «Chemins d'Horus», alors que le commandant en charge de la patrouille frontalière se trouvait là (B 242). Cet officier envoie à la Résidence un messager pour informer le roi de la présence de Sinouhé à la frontière, messager qui, selon toute vraisemblance, transmet aussi au roi la réponse de Sinouhé (B 205-238). Sésostris envoie alors à Sinouhé un fonctionnaire du domaine royal avec des bateaux chargés de présents diplomatiques pour les Sétjétyou qui l'avaient accompagné jusqu'à la frontière, sans doute les princes dont il avait vanté les mérites dans son message au roi (B 219-222).

Arrivé à la Résidence, Sinouhé est convoqué dès le lendemain au palais royal. En présence de Sésostris, Sinouhé perd un instant connaissance. Ayant repris ses esprits, il écoute ce qui lui semble être le verdict prononcé par le roi (B 257-260): «Te voici revenu, après avoir par couru les pays étrangers. La fuite a eu raison de toi, qui es devenu vieux. Tu as atteint un grand âge. Ta cérémonie funèbre ne sera pas amoindrie, car tu ne seras pas conduit (vers la tombe) par les archers. Ne rampe pas davantage, car tu n'as pas parlé de telle sorte que l'on cite ton nom». Loin d'être rassuré, Sinouhé choisit soigneusement les termes de sa réponse (B 260-263): Certes, j'avais peur d'une punition et j'ai répondu ce qui suit, comme réponse de quelqu'un qui avait peur: «Que me dit mon maître?». Quant à répondre ceci [45]: «Ce n'est pas mon œuvre (?), c'est certainement la main du dieu!», la terreur subsisterait en mon ventre, comme quand se produit une fuite délibérée. «Me voici en ta présence. (Ma) vie t'appartient. Ta Majesté agit comme elle (le) désire».

L'épouse royale, Néférou, s'avance alors avec les enfants royaux, contents d'approcher enfin cet Égyptien qui, en sa terre d'exil, avait souhaité obtenir de leurs nouvelles. Ils dirent alors à sa Majesté: «Ce n'est pas vrai que c'est lui, souverain mon maître!». Mais sa Majesté dit: «C'est vraiment lui» (B 267-268). Présentant au roi leurs sistres et leurs colliers-ménat, ils récitent alors un hymne évoquant l'union d'Atoum et d'Hathor, incarnés par le roi et la reine, selon une mise en scène qui, selon Philippe Derchain [46], évoque le moment de la création et suggère la renaissance de Sinouhé en tant qu'Égyptien. La fin de l'hymne évoque la sérénité rendue au héros (B 277-279): «Il a fui par crainte de toi; il a quitté le pays à cause de la terreur qu'il éprouvait envers toi. Il ne sera plus pâle, le visage de celui qui voit ton visage; il n'aura plus peur, l'œil qui regarde vers toi». Le roi approuve ces paroles, puis il élève Sinouhé au rang de compagnon (B 279-281): «Il n'aura plus peur; il ne criera plus de terreur. Il sera un compagnon parmi les magistrats; il sera placé au milieu des courtisans».

Lavé et rasé de frais, habillé désormais comme un vrai Égyptien, Sinouhé est installé dans un domaine digne de son nouveau rang. Il jouit de la faveur royale jusqu'à la fin de sa vie, sa tombe, une pyra mide de pierre, étant construite dans la nécropole et équipée de tout le nécessaire.


        
Notes
[23]  Cfr Gardiner, Notes on the Story of Sinuhe, dans RecTrav, 32 (1910), p. 8; Posener, Littérature et politique, p. 91 et 113; Parkinson, The Tale of Sinuhe, p. 43 (n. 1).

[24]  Le sens du substantif chemsou sera discuté dans le status quaestionis. Je le laisse momentanément sans traduction.

[25]  Les termes Khénémet-Sout et Qa-Néférou concernent respectivement les zones sud et nord de Licht, où se trouvent le complexe de pyramide de Sésostris Ier et celui de son père Amenemhat Ier. La discussion reste ouverte sur ce que désignent précisément ces termes: voir notamment F. Gomaà, Die Besiedlung Ägyptens während des Mittleren Reiches, II. Unterägypten und die angrenzenden Gebiete (TAVO Beihefte, B 66.2), Wiesbaden, 1987, p. 41-44; D. Arnold, The Pyramid of Senwosret I (MMA Egyptian Expedition, 22), New York, 1988, p. 17; H. Altenmüller, Die Pyramidennamen der frühen 12. Dynastie, dans U. Luft, The Intellectual Heritage of Egypt. Studies presented to Lászlo Kákosy (Studia Aegyptiaca, XIV), Budapest, 1992, p. 33ss.

[26]  Pour le sens du verbe 'r «pénétrer» et non «monter», voir Gardiner, Notes on the Story of Sinuhe, dans RecTrav, 32 (1910), p. 9.

[27]  Cfr A. De Buck, Some New Interpretations in Sinuhe, dans Studies Presented to F. Ll. Griffith, Londres, 1932, p. 57-58.

[28]  Cette phrase (R 25 = B 2) a donné lieu à plusieurs interprétations qui continuent de diviser traducteurs et commentateurs. Elles seront examinées dans le status quaestionis.

[29]  Sur le sens de «se dire», «penser» que peut prendre le verbe dd «dire», on verra Wb. V, 619.8. L'alternative que D. Berg, Note on Sinuhe B 5-7, dans GM, 79 (1984), p. 11, donne de dd 'nh «to swear an oath» ne me convainc pas.

[30]  Leçon du ms. R, tandis que le ms. B atteste r-s3.f «après lui».

[31]  La lecture correcte de la phrase a été établie par Gardiner, Notes on the Story of Sinuhe, dans RecTrav, 32 (1910), p. 25-26.

[32]  Ii.n.i m mS'… est la leçon attestée en B 38 et dans deux ostraca ramessides. En R 62, on lit I[w.i] m mS'… «J'étais dans l'expédition…». Sur ce passage, voir Gardiner, Notes on the Story of Sinuhe, dans RecTrav, 32 (1910), p. 214-216.

[33]  Le ms. B ajoute la phrase H3ty.i n ntf m ht.i «Mon cœur, il n'était plus dans mon corps» (B 39), qui est ignorée à cet endroit par les quatre autres manuscrits attestant le passage. Il s'agit selon toute évidence d'une interpolation. Elle est attestée en B 255 dans le récit décrivant l'évanouissement de Sinouhé devant le roi, et sa présence à cet endroit est confirmée par les deux autres manuscrits conservant ce récit. Le sens de la phrase s'explique d'ailleurs moins bien en B 39, où il est question d'un trouble de la pensée, qu'en B 255 où il y a évanouissement et perte de conscience. La phrase qui précède en B 39 est «mon cœur étant défaillant», tandis qu'en B 255 on lit: «mon ba étant faible, mes membres étant défaillants». Pour la structure grammaticale de cette phrase, qui n'est pas attestée dans R, voir la correction proposée par C.E. Sander-Hansen, Bemerkungen zu der Sinuhe-Erzählung, dans AcOr, 22 (1955-57), p. 142-143.

[34]  Mieux que «sur le chemin de la fuite»? Sur le sens du terme w'rt figurant dans ce passage: Gardiner, Notes on the Story of Sinuhe, dans RecTrav, 32 (1910), p. 216.

[35]  Les deux verbes sont inversés dans la copie de R. Les ostraca ramessides s'accordent à B.

[36]  Cette phrase (B 41-42), qui revient en B 227-228, figure dans B mais est absente de R. Les ostraca ramessides n'en attestent au plus que la première partie.

[37]  Cette phrase (B 42), dont une variante revient en B 224, est absente de R mais attestée par deux ostraca ramessides.

[38]  Leçon attestée en B 43 et probablement dans l'ostracon Berlin 12623, tandis que R présente une lacune. Il reste possible que R attestait le leçon retenue par l'ostracon de l'Ashmolean Museum: C'était comme une forme de rêve. En effet, cet énoncé figure plus loin dans le texte, dans la lettre de Sinouhé au roi (B 224-226), où il précède les termes que l'on retrouve en R 65-66, dans tous les ostraca ramessides, mais non en B 43: comme quand un habitant du Delta se voit en Éléphantine, un homme des marais en Ta-Séty.

[39]  Cfr W.V. Davies, Readings in the Story of Sinuhe and Other Egyptian Texts, dans JEA, 61 (1975), p. 45-46.

[40]  La phrase est absente de B, très fragmentaire dans R, mais sa seconde partie est bien attestée dans l'ostracon de l'Ashmolean Museum, recto, ligne 35: cfr Barns, The Ashmolean Ostracon, p. 8.

[41]  Telle est la leçon attestée par l'ostracon de l'Ashmolean Museum (Min xpr zp nty nTr Hr mw.i): cfr Galán, Two Passages, p. 78-80. Mi m-s3.(i) pw, hpr sp nfr, di n.i ntr htp est la leçon fournie par B, qui se traduira de préférence: C'est un «appel à l'aide» pour qu'un événement heureux se produise et que le dieu m'accorde la paix. Cfr M. Malaise, La traduction de Sinouhé B 160, dans GM, 10 (1974), p. 29-34; Blumenthal, Die Erzählung des Sinuhe, p. 899.

[42]  Pour la traduction, voir P. Grandet, B. Mathieu, Cours d'égyptien hiéroglyphique, I, Paris, 1990, p. 72.

[43]  R. Parant, L'affaire Sinouhé, Aurillac, 1982, p. 79, propose de traduire ts-hwrw par «déclaration infâmante».

[44]  Cfr B 234-235 et B 238-239. Le terme t3yt (B 234) a été compris par la plupart des traducteurs comme une désignation du vizirat. Il n'en est rien: t3yt est un simple synonyme de msw, utilisé dans le même sens et le même contexte en B 239. Cfr Barns, The Ashmolean Ostracon, p. 26; Miriam Lichtheim, Ancient Egyptian Literature, I, Los Angeles, Londres, 1975, p. 234, n. 18; Cl. Obsomer, Sésostris Ier, Étude chronologique et historique du règne (Connaissance de l'Égypte ancienne, 5), Bruxelles, 1995, p. 113, n. 240.

[45]  Lefebvre, Romans et contes, p. 22, avait traduit: «Ah! Que je voudrais y répondre». Mais il ne rend pas le sens du ir initial, rappelé par Davies, Readings, p. 49: «If I answer it, …».

[46]  Ph. Derchain, La réception de Sinouhé à la cour de Sésostris Ier, dans RdÉ, 22 (1970), p. 79-83. Voir aussi Baines, Interpreting Sinuhe, p. 43-44; W. Westendorf, Noch Einmal: Die "Wiedergeburt" des Heimgekehrten Sinuhe, dans SAK, 5 (1977), p. 293-302; L. Troy, Patterns of Queenship (Boreas, 14), Upsala, 1986, p. 58-59.